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Poisson bio et sauvage : de la source à l’étal

A l’occasion du lancement de notre poissonnerie ambulante, La Sardine Volante, on va parler d’un produit assez méconnu dans nos magasins : le poisson. Quelles sont les exigences liées au cahier des charges Biocoop ? Bio ou sauvage : d’où vient-il ? Avec qui fraie-t-il (c’est la partie « people » de l’article) ? Y-a-t-il une saison pour le poisson ? On vous dit tout.

Bien élevé, la raie sur le côté : le poisson bio

Un poisson bio est forcément un poisson issu de l’aquaculture certifiée bio, donc un poisson d’élevage. La certification bio implique en effet de pouvoir maîtriser et garantir la qualité de l’eau, de l’alimentation, et des conditions de croissance. Les poissons bio grandissent dans des cages flottantes en mer, en rivières détournées ou en lac, dans des eaux de première qualité (eaux de classe A). Et dans des zones d’élevage faiblement exposées aux risques de pollution, avec un contrôle de l’impact environnemental. Comme pour les autres produits, dans un souci de traçabilité, Biocoop privilégie les entreprises indépendantes qui mettent en marché leur production directement. Histoire d’éviter les scandales de lasagnes au cheval de mer (brrr)…

Et la santé, ça baigne ?

Le règlement européen CE no 710/2009 qui fixe les règles de l’aquaculture biologique privilégie avant tout de bonnes conditions d’élevage pour prévenir les maladies. Qualité de l’eau, de l’alimentation, densité de peuplement : les pratiques doivent répondre aux besoins spécifiques de chaque espèce.
Les traitements sont préventifs plutôt que curatifs, sans utilisation d’hormones. En curatif, les poissons sont soignés en priorité en homéopathie et en phytothérapie. L’utilisation de traitements allopathiques (1) est limitée à deux traitements par an, au-delà desquels le poisson ne peut plus être vendu en bio. Pour les poissons dont le cycle de production est inférieur à un an : la limite est de un seul traitement allopathique.Leur croissance est lente – de 12 à 18 mois pour les truites et saumons- pour garantir la qualité de leur chair.

Avec ça, il mange quoi ?

Les poissons issus de l’aquaculture bio sont nourris à partir de farines de poissons contrôlées (2), de végétaux issus de l’agriculture bio et garantis sans OGM, de vitamines et minéraux.

Poisson bio d’élevage, poisson (rrrr) sauvage

Sélectionner du poisson bio d’élevage est un moyen de pallier la pénurie de certaines espèces à l’état sauvage, comme le saumon ou la truite. Parallèlement, pour préserver au mieux les espèces sauvages, Biocoop propose uniquement des produits de la mer dont les ressources sont assurées. Notre réseau travaille en partenariat avec l’IFREMER et les organisations collectives de pêcheurs, afin de garantir de bonnes pratiques. Cinq critères de choix entrent en jeu : l’espèce, selon une liste positive fournie par l’IFREMER ; la zone de pêche, en fonction des stocks réputés en bonne santé ; la méthode de pêche : les pêcheries sont sélectionnées pour leurs bonnes pratiques ; la saison, dans le respect des périodes de reproduction ; et les techniques de pêche utilisées, selon le poisson et son milieu. Les techniques de pêche abusives, comme la pêche électrique ou le dispositif de concentration de poissons sur radeau (voir en fin d’article), sont exclues.

En cohérence avec ces critères, les produits à base d’œufs d’espèces sauvages, comme le tarama, sont interdites dans nos rayons.

La saison des poissons

Comme pour les fruits et légumes, pour préserver les ressources, il faut respecter les saisons ! L’araignée ou la coquille Saint-Jacques qui vous fait de l’œil sur le menu d’un ptit restau côtier en plein été : mieux vaut oublier… La saisonnalité des poissons étant bien moins connue que celle des fruits et légumes, Biocoop a eu la riche idée d’éditer un calendrier de saisonnalité, à découvrir dans le dépliant « La Pêche Durable » disponible au rayon poissonnerie de Saint-Grégoire, mais aussi sur le site Biocoop. Pour chaque espèce, le lieu de pêche ou la criée de débarquement est également précisée.

Le dépliant Biocoop La Pêche Durable, avec le calendrier de saisonnalité des différentes espèces de poissons.
En boîtes

Sardine et thon en boîte font partie des produits de la mer plébiscités dans nos magasins. Un moyen de manger du poisson gras hors saison. Les exigences restent identiques. Les sardines sont, par exemple, issues d’une pêche sélective à la bolinche (filets tournants respectant les fonds marins). Seuls les thons germon, listao et albacore sont proposés en conserves. Ils sont pêchés dans des zones contrôlées par les autorités maritimes ; les pêcheries « pavillon français » sont privilégiées, pour une meilleure traçabilité. Et les techniques de pêches abusives, comme le dispositif de concentration de poissons sur radeau (DCP flottant), sont exclues. Toutes les conserves sont cuisinées avec des huiles et aromates certifiés bio.

Moins, mais mieux

Comme pour les autres produits animaux comme la viande, l’idée est de consommer peut-être moins, mais mieux. Pour le poisson sauvage, un poisson pêché au plus près, gage de traçabilité et de fraîcheur, avec des techniques de pêche non-abusives, dont l’espèce est préservée, et dans le respect des saisons, en tenant compte des périodes de reproduction.

(1) Traitements usuels, non homéopathiques.

(2) Farines de poissons contrôlées : farines provenant de chutes de parage de produits issus de l’aquaculture bio
ou de pêcheries durables aux fins de l’alimentation humaine.

 


C’est quoi le dispositif de concentration de poissons (DCP) sur radeau ?

Un dispositif de concentration de poissons (DCP) est un radeau formé d’un assemblage d’objets flottants se prolongeant sous l’eau par des filets ou des cordages.

A l’origine utilisée en pêche artisanale, la technique a été détournée par la pêche industrielle, notamment pour le thon. Accompagnés désormais de balises GPS et de sondeurs, qui permettent aux pêcheurs industriels de connaître le volume de poissons, la mutiplication de ces dispositifs rend la situation hors de contrôle. Lorsqu’un artisan pêcheur ramène quelques kilos de poissons après chaque marée, un thonier peut ramasser, d’un coup de filet, plus de 100 tonnes de thons.

Comme le souligne Greenpeace : « Les DCP, en facilitant la capture de trop nombreux poissons et de prises accessoires (espèces non ciblées), font peser un trop lourd poids sur les stocks de poissons. En capturant les poissons juvéniles, la pêche avec DCP empêche les espèces de se reproduire ».


 

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